La peur de l’expansion

J’ai l’intime conviction que notre état naturel est un état d’expansion. Tout comme un arbre qui pousse sans contrainte n’aura d’autre but que de croître, de grandir, de s’étendre, un être humain libre, livré à lui-même, vierge de toute influence n’aura pas d’autre ambition que celle de croître. 

Un arbre n’a pas de plan, pas de carte, il suit simplement ses inclinations, il reste constamment en contact avec le monde qu’il entoure et il grandit. 

Expansion versus contraction. 

Le problème est que nous vivons dans une société qui pousse à la “contraction”. Un état de contraction et de repli de plus en plus prégnant alimenté par la peur. 

La peur d’être blessé. 

La peur de manquer. 

La peur de l’inconnu. 

La peur de ne pas “être assez”. 

La peur de ne pas être digne. 

La peur de ne pas être capable. 

Seulement plus j’avance dans la vie, plus je me rends compte que les choses de valeur, les expériences intéressantes se produisent lorsque l’on accepte de lâcher prise, lorsque l’on réussit à faire confiance, lorsque l’on réussit à avoir foi. En soi et en la vie. 

Lorsque l’on laisse la vie se produire à travers soi et pour soi plutôt que contre soi. 

Bien sûr vous serez blessés, parfois vous vous sentirez rabaissés et mis à mal. 

Quand cela arrive l’envie de se recroqueviller sur soi, de s’accrocher désespérément à ses croyances, à ses certitudes, aux personnes qui nous entourent est grande.

S’il vous plaît ne faites pas cela.

Je me suis rendu compte que bien souvent je suis le seul à entraver ma propre libération.

En essayant d’être quelqu’un d’autre.

En refusant obstinément de me faire confiance.

En étouffant celui que je suis réellement.

Simplement pour ne pas déranger l’autre. Ne pas faire de vagues, ne pas dépasser les limites. Surtout bien faire ce que l’on attend de moi.

Peut-être parce que l’on m’a fait croire que mon épanouissement ne pouvait se faire qu’au détriment de l’autre. Peut-être par peur des représailles.

La première erreur que j’ai fait c’est de réussir à me convaincre que notre univers était un ensemble fini. Ce que je prends, je le refuse à l’autre. Du moins c’est ce que je pensais.

Mais l’univers lui-même n’est-il pas en constante expansion ?

Pourquoi cela devrait-il être différent pour chacun d’entre nous ?

Pendant longtemps je me suis construit et défini comme un battant. J’y voyais là une des pierres angulaires de mon identité, une de mes plus grandes forces. Je me suis rendu compte qu’il ne s’agissait en fait que d’un moyen de masquer mes peurs les plus profondes.

Me battre me donnait une impression de contrôle tout au plus artificielle.

J’ai lié mon identité à ma capacité à me battre.

C’est peut-être la pire erreur que j’ai fait dans ma vie à ce jour.

Se battre vous laisse amoindri, blessé et fatigué. Du moins c’est ce qui m’est arrivé.

Je suis aujourd’hui convaincu qu’il existe d’autres manières de faire. Je ne dis pas qu’il faut choisir la facilité à chaque fois qu’elle se présente. Loin de là.

Ce que j’essaie de dire, maladroitement sans doute, c’est qu’il est important de prêter attention aux raisons qui vous pousse à vous battre.

Je ne parle pas des raisons qui vous sautent aux yeux, celles qui sont évidentes. Je parle de celles que l’on a peur de découvrir ou que l’on refuse d’admettre pour ce qu’elles pourraient dire de nous.

Je me suis battu parce que j’avais peur.

J’étais effrayé quand j’étais enfant.

J’ai eu peur en grandissant.

J’ai encore peur aujourd’hui. Mais je travaille dessus.

Prenez soin de vous.

Thomas